Sophie est une grande poupée bobo qui apprécie tout ce qui est fait en laine (elle se trimballe avec son bonnet éternellement). Son genre de mec c'est le bucheron par excellence (ce midi elle nous annonça qu'elle s'était tapée Olivier Barthelemy cet été et qu'il était très con). Sa grande soeur a séjourné ici pendant un an et va maintenant beaucoup mieux (elle s'est mariée, la preuve). Sophie fait des études d'arts dans une école des Champs Elysées et possède (merci papa) un appartement vers la place de la Bastille. Elle aime fumer (elle n'arrivait pas à s'endormir jadis sans avoir fumé une dizaine de spliffs dans la soirée) mais doit arrêter. Elle aime faire du shopping et sortir dans les boîtes branchées de Paris (elle a même, par le biais d'une amie, rencontré Vincent Cassel). Elle me répète souvent "mais qu'est ce que t'as avec les stars ? Franchement ils ne sont pas si fascinants que ça." Normal, la donzelle est blasée. J'aimerais garder le contact avec elle (pas par opportunisme n'est-ce pas!) mais je n'ai pas l'impression que l'intérêt que je lui porte soit réciproque. Elle semble me trouver lourde, ou alors je suis définitivement paranoiaque. Parfois je la trouve intolérante, surtout quand elle parle des personnes de l'hopital de jour: "Attends je vais pas traîner avec eux dans des musées, imagine mes potes qui me croisent, la honte...". Enfin, elle est jeune.
Jean-Paul a un gros strabisme mais une culture énorme (quel rapport on se le demande). Il erre souvent à l'entrée de la clinique, la tête courbée en direction du sol. Il aime faire la bise aux gens mais je m'y refuse obstinément, alors il se rabat sur la poignée de main que je lui propose. Si vous demandez à Jean-Paul comment il va il vous répondra systématiquement qu'il va mal. Cette après-midi, il devait aller voir "Potiches" au cinéma avec le groupe. Il est obligé de faire certaines activités, cela fait partie de sa thérapie. Mais il ne le sentait pas, ce jour-là, ce cinéma. L'autre fois au déjeuner il ne cessait de répéter à Benoît (un bipolaire à queue de cheval qui parle sans arrêt) que ce dernier était anorexique, tout ça parce qu'il ne voulait pas de son poisson (et surtout qu'il tardait à finir son assiette vu qu'il blablater non-stop). Jean-Paul est persuadé que j'ai des origines italiennes (?!).
Etienne est un gentil cinquantenaire un peu à la ramasse qui ne se gêne pas pour s'enfiler dans les transports en communs des gouttes pour ses yeux malades. Et comme il est complètement stone à cause des cachetons qu'on lui prescrit, il s'en fout partout. Je l'apprécie car il m'appelle son "amie" et parce qu'il est probablement le seul pentionnaire à avoir mémorisé mon prénom du premier coup.





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Echos.