dimanche 20 juin 2010

Crazy he calls me




J'avais l'oreille collée à la membrane, ça vibrait délicieusement. L'orchestre attaqua un tempo plus rapide. Mon père tapota du pied sous son strapontin: il fit trembler jusqu'à mon petit sexe déjà bien gonflé de bonheur, puis il souffla à maman le titre du morceau: je pus en profiter presque immédiatement. La voix s'étendit sur le hamac harmonique que les musiciens lui offraient. Elle ne chantait pas plus vite pour ça: toujours au tréfonds du temps, comme une horloge parlante jamais à l'heure, une bombe à retardement qui ne se presse pas... Je n'en croyais pas mes toutes petites oreilles. Ca swinguait si fort, ce décalage: ça mettait tellement en valeur la turbine de la rythmique derrière ! Emballé par l'espièglerie sereine de cette voix et le punch de son feu, je n'étais plus moi-même: je tendis mon cordon et imitai sur cette basse improvisée les pulsations des quatre temps. Un sourire sans dents illumina la caverne utérine...
J'avais presque envie de naître ! C'était nirvanant ! Je m'agitais à tel point dans la baleine que ma mère eut un malaise: l'oxygène m'arrivait mal. Je me replaçais en chien de fusil et papa fit évacuer maman de la salle: il lui soutenait l'énorme goitre ventral, et nous sortîmes tous les trois.

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Echos.