dimanche 8 mai 2011

Hermann Goering

Rose Valland (1898 - 1980) est une inconnue. Et pourtant, sa vie a été extraordinaire. Jeune femme issue d'un milieu modeste, née en province, elle intègre d'abord l'Ecole Normale d'institutrices de Grenoble, puis l'école des Beaux-Arts de Lyon. Son goût pour les Beaux-Arts, ainsi que ses qualités personnelles (elle est douée pour les études, elle est tenace) vont la conduire à Paris, dans les années 30, où elle sera membre "bénévole" du Musée du Jeu de Paume et fréquente assidument le milieu de l'Art.

Etrange période au Musée du Jeu de Paume dans cette époque qui voit la montée des fascismes européens. Les directeurs des musées français craignent la guerre, et s'emploient à dresser la liste des oeuvres des musées, à mettre en place des stratégies d'évacuation de ces oeuvres, de répertorier des lieux où les mettre en sécurité.
La guerre éclate en effet, et Rose Valland, sous la responsabilité de Jacques Vauvard, alors directeur des Musées Nationaux, va être une des rares à rester au Musée avec l'assentiment des autorités allemandes. Le Jeu de Paume va alors être employé pour une sinistre besogne. Les allemands y stockeront les oeuvres des musées que les nazis ont repérés, mais aussi les oeuvres de collections privées des juifs envoyés en camps de concentration. Rose Vallard s'acharnera à noter toutes les oeuvres transitant ainsi par le musée, leur provenance et leur destination. Une oeuvre colossale, qui lui vaudra d'être souvent dans le colimateur des allemands, et qui lui vaudra aussi, bien étrangement, d'être mise à l'écart en France dans les décennies qui suivront, son acharnement à retrouver les oeuvres disparues n'étant pas forcément bien vu, car la question de la spoliation des biens juifs sera fort embarrassante pour nombre de gouvernements.
Elle racontera ces années sombres dans un livre, Sur le Front de l'Art, qui connaitra un tel succès qu'il sera adapté à l'écran sous le titre Le Train, par John Frankenheimer.
Un film qui va déboucher sur une polémique importante : l'action de Rosa Valland a en effet empêcher le départ d'un train de marchandises contenant des oeuvres d'art, à destination de l'Allemagne, à la fin de la guerre. Au même moment, un convoi part lui aussi de Paris, à destination des camps de la mort, qui ne sera pas arrêté...
Après la guerre, Rose Valland va poursuivre, en Allemagne, la recherche des oeuvres disparues, puis, de retour en France, elle sera cantonnée par le successeur de Jacques Vauvard dans un bureau, jugée trop encombrante et trop indépendante. Bien que plusieurs fois médaillée pour son action, son nom restera oublié des hommages officiels et des livres d'Histoire. Il faut dire que Rose Valland est une femme, qu'elle est lesbienne et qu'elle a un caractère bien trempé...



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Echos.