José est un type étrange. Je lui donne la quarantaine. Il trifouille des choses dans le salon, passe des coups de fil, découpe des genres d'autocollants, fait des transferts d'une clé usb à une autre. Hervé me dit qu'il est sur un "gros coup", une sorte d'invention dont il espère déposer le brevet. Mais chut, c'est top secret.
Hervé a plus de 30 ans et habite chez ses parents, en face de la clinique. Chaque jour je le retrouve assis, sa radio sur son front, en train de fredonner je ne sais quel vieux tube en rigolant tout seul. J'aime le regarder manger, il me fait penser à un petit écureuil, à recueillir chaque mini bouchée goulument dont le sucre se trouvant au fond de son café. Hervé ne veut jamais rien faire, ni scrabble, ni ping pong. Il se trimbale le dernier numéro des Cahiers du cinéma dans son sac à dos et s'en sert pour recouvrir son visage lorsqu'il a envie de faire une sieste.
Daniel est la blasitude incarnée. Je ne comprends pas toutes ses vannes, car il en balance à la pelle. Mais si vous le prenez au sérieux, vous ne pourrez plus le voir en peinture. Il ne fait aucune activité et rentre chez lui chaque après-midi pour nourrir ses chats et constater les dégâts qu'ils ont causé le jour même.
Jérôme est "pire" qu'une femme. Maniéré à outrance, il est ici pour harcèlement au travail car ses collègues et supérieurs se fichaient ouvertement de lui. Suite à ça il a fait une tentative de suicide aux Champs Elysées. Il est très fleur bleu et j'espère pour lui qu'il parviendra à s'adapter un jour dans le milieu de la banque (son job). Attention, Jérôme est un être extrêmement sensible, donc à ne pas chambrer sans prendre ses précautions, mais je me suis atachée à lui et lui ai fait un gros BiSOU avant qu'il ne parte.
Sibylline est une jeune femme talentueuse qui joue de la musique (le ukulélé est un chouette instrument) et est scénariste de bandes dessinées. Elle a plus de 30 ans mais cultive un look de djeunz (j'ai cru qu'elle avait mon âge, voire moins). Elle passe autant de temps que moi sur l'ordinateur et se met parfois à pleurer silencieusement. Je pense qu'elle est ici pour dépression suite à une rupture, mais je suppute. On parle peu car elle m'intimide, mais elle fait partie d'une des rares personnes que j'aimerais revoir sur Paris, un peu plus tard.
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