jeudi 11 juin 2009

La minute Cronenberg

Il a repoussé la porte. Je suis resté seul avec Zira et nous faisons quelques pas dans le couloir.
"Zira!"
Je me suis arrêté et l'ai prise dans mes bras. Elle est aussi bouleversée que moi. Je vois une larme sur son mufle, tandis que nous sommes étroitement enlacés. Ah! Qu'importe cette horrible enveloppe matérielle! C'est son âme qui communie avec la mienne. Je ferme les yeux pour ne pas voir ce faciès grotesque que l'émotion enlaidit encore. Je sens son corps difforme trembler contre le mien. Je me force à appuyer ma joue contre sa joue. Nous allons nous embrasser comme deux amants, quand elle a un sursaut instinctif et me repousse avec violence.