C'est Tartarin-Sancho qui n'était pas content ! Cette idée de voyage en Afrique et de chasse au lion lui donnait le frisson par avance; et, en rentrant au logis, pendant que la sérénade d'honneur sonnait sous leurs fenêtres, il fit à Tartarin-Quichotte une scène effroyable, l'appelant toqué, visionnaire, imprudent, triple fou, lui détaillant par le menu toutes les catastrophes qui l'attendaient dans cette expédition, naufrages, rhumatismes, fièvres chaudes, dysenteries, peste noire, éléphantiasis, et le reste...
En vain, Tartarin-Quichotte jurait-il de ne pas faire d'imprudences, qu'il se couvrirait bien, qu'il emporterait tout ce qu'il faudrait, Tartarin-Sancho ne voulait rien entendre. le pauvre homme se voyait déjà déchiqueté par les lions, englouti dans les sables du désert comme feu Cambyse, et l'autre Tartarin ne parvint à l'apaiser un peu qu'en lui expliquant que ce n'était pas pour tout de suite, que rien ne pressait et qu'en fin de compte ils n'étaient pas encore partis.
Tartarin-Quichotte criant: "Je pars! "
Tartarin-Sancho disant: "Je reste."
Tartarin-Quichotte, très exalté: "Couvre-toi de gloire, Tartarin."
Tartarin-Sancho, très calme: "Tartarin, couvre-toi de flanelle."
Tartarin-Quichotte, de plus en plus exalté:"O les bons rifles à deux coups ! ô les dagues, les lassos, les mocassins!"
Tartarin-Sancho, de plus en plus calme: "O les bons gilets tricotés! les bonnes genouillères bien chaudes! ô les braves casquettes à oreilles!"
Tartarin-Quichotte, hors de lui: "Une hache, qu'on me donne une hache!"
Tartarin-Sancho, sonnant la bonne: "Jeannette, mon chocolat."
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